Le minimalisme qui m’a libérée

J’ai toujours été très fière de l’organisation de mes papiers, documents, dossiers, qu’ils soient professionnels ou personnels. J’ai toujours fait des classeurs, avec pleins d’intercalaires, bien étiquetés mes porte documents, et le tout était classé par catégories et par ordre chronologique. Mon intérieur était toujours ordonné, propre, bien décoré et plaisant. J’aimais vivre dans l’ordre et la propreté, sans pour autant être maniaque. Je savais salir, laisser traîner les choses, et même me laisser envahir parfois. Je procrastinais de temps en temps mais il y avait tout de même un retour à « la normale » assez rapidement. Dès que l’encombrement devenait pressant, c’était mon esprit qui devenait surchargé et il fallait remédier à la situation.

La naissance de ma première fille a fait grandir un sentiment que je ne soupçonnais pas auparavant : la peur du désordre. Il fallait que mon intérieur soit toujours impeccable, que les choses soient bien rangées chacune à sa place et je consacrais un temps fou à la gestion du lieu de vie tout en travaillant à temps plein. Après la naissance de ma deuxième fille, l’exaspération d’un tel sentiment était à craindre et il me fallait une solution efficace mais surtout durable. Je devenais alors de plus en plus séduite par la philosophie minimaliste. Moins d’objets pour plus d’espace, moins d’encombrements pour plus de liberté, moins de possessions pour plus de tranquillité, etc. et petit à petit j’ai ré organisé ma vie autour de ce nouveau concept : tri, donation, vente… j’ai sorti des sacs et des cartons entiers en l’espace de quelques mois. Mais le vrai coup de baguette magique a eu lieu à l’occasion de l’arrivée de ma troisième et la décision de changer de domicile. Changer de maison est l’occasion idéale pour se défaire des vieilles choses, des choses inutiles – et il y en a beaucoup – et je ne pouvais pas me permettre de « louper » cette opportunité.

Tout ce qui entrait dans la catégorie « je garde parce qu’on ne sait jamais » devait partir. Tout objet n’ayant eu aucune utilité depuis au moins 1 an devait aussi partir. Tout vêtement n’ayant pas été porté pendant toute une saison devait disparaître. Et c’est comme ça que j’ai emménagé avec ma famille de 5 dans un nouvel appartement conçu de façon minimaliste avec simplement 11 cartons ! des cartons qui ne contenaient que ce qui était très utile, ou très beau. Et cette nouvelle vie m’a vite rendue plus disponible, moins « possédée » par mes possessions. J’ai gagné quelques heures par jour  pour me consacrer aux projets mis en stand-by et à mes enfants. Mon intérieur est un havre de paix tel que je l’ai rêvé pendant des mois. Il me faut moins de 10 minutes pour ranger la maison. Je peux enfin passer le temps que je veux en cuisine, une de mes passions. Quand je me lève le matin, mon esprit est vite occupé par ce qui me passionne et non pas par des futilités matérielles.

Quelques semaines plus tard, j’ai commencé  à appliquer la pensée minimaliste, et ce de façon inconsciente vraiment, un peu instinctive, à mes préparation culinaires, à ma garde-robe, à mes relations avec les autres et au temps. Quand ça se complique, ça me rebute. Quand ça encombre l’esprit, je change de direction. Quand ça me stresse, je tourne le dos. Et cette première année se solde de façon positive et sereine. J’ai réussi à aller jusqu’au bout de tellement de choses qui trainaient depuis des mois voire des années. J’ai passé des heures interminables avec mes enfants, j’ai préparé un repas différent chaque jour, j’ai pris des vacances – beaucoup de vacances – j’ai pris du temps, et j’ai bien travaillé. Je ne soupçonnais pas une telle répercussion sur mon mental et mon quotidien d’une vie simplifiée, hors du temps et loin de la consommation.

Vivre et travailler dans un endroit qui demande une attention constante affecte énormément le bien-être mental et compromet sérieusement le développement de soi.  L’encombrement est une surcharge et nous éloigne des vraies missions et passions. Eliminer l’inutile clarifie notre esprit et notre espace, améliore notre humeur et évite la procrastination. Le minimalisme visuel nous élève au-dessus du matériel, nous guide vers une vie plus simple et plus riche à la fois. Il nous libère de chaines insoupçonnées que l’on s’est créées nous-mêmes et qui nous détournent du beau et du bien.  On apprend à moins consommer. On trouve le temps de jouer avec nos enfants, on prend le temps de ne rien faire quand l’envie se présente, et on se concentre sur nos buts et projets plus facilement. On se recentre sur l’essentiel, sur ce qui importe vraiment. Et peu de choses importent vraiment dans le fond.

C’est être un peu contre-courant, mais ne faut-il pas être contre-courant aujourd’hui quand le courant est aussi néfaste pour nous et pour la planète ?  La richesse ne se mesure plus par les possessions. Les temps changent et à grande vitesse. Et si on changeait avec ? si on adoptait la simplicité et sa beauté ? sans sacrifices, mais par choix. Ce serait peut-être pour beaucoup l’une des clés du bonheur.

Le minimalisme inspiré du zen est vraiment à la portée de tout le monde et, sans pour autant le faire de manière drastique ou complète, il vous invite à moins avoir pour plus obtenir. Si vous êtes séduits par l’idée mais ne savez pas par où commencer, jouez au minsgame qui a été une vraie source d’inspiration pour moi. Ce jeu dure un mois, mais il y a de fortes chances que vous le reproduisiez un mois plus tard, ou qu’il transforme votre vision des choses pour toujours. Prenez un mois, n’importe lequel, et donnez/vendez/recyclez un objet le 1er du mois, deux objets le 2 du mois, 3 objets le 3 du mois, et ainsi de suite. Le 30 du mois vous aurez 30 objets inutiles ou qui ne vous plaisent plus à sortir. C’est beaucoup plus difficile à dire qu’à faire croyez-moi. Et au bout de 30 jours vous vous serez débarrassés de près de 465 objets (496 pour un mois de 31 jours). Tout peut partir, un vieux couvert, un bibelot, un livre, une serviette, un flacon de parfum, un puzzle… pourvu qu’un objet physique quitte la maison. Le jeu consiste à sortir ces objets quotidiennement, avant minuit. Il faut qu’au réveil le lendemain vous en soyez débarrassés.

Petit conseil utile pour ceux qui se lancent le défi : jetez le moins possible. Certaines personnes en auraient bien besoin. Contactez une association, une école, une famille dans le besoin ou rapprochez-vous d’un vide grenier en ligne et essayez en première intention de donner les objets dont vous n’avez plus besoin. Recyclez. Faites circuler. Et n’oubliez pas de penser à l’impact sur la planète dans le traitement de vos déchets.

Bonne rentrée à tous

 

Ps : ne me comprenez pas mal. Il ne s’agit pas de transformer, ni de faire du home staging pour embellir. Ce que j’avais avant me plaisait beaucoup, vraiment. Mais il m’occupait beaucoup aussi. Il s’agit de se libérer, de posséder moins, de collectionner des moments de vie et non pas des objets. Voici quelques photos qui parlent d’elles-mêmes et qui laissent deviner la charge de travail que j’avais comparée à celle que je peux avoir aujourd’hui.

 

http://carlas.world/soustraire-pour-ajouter/

 

 

2 commentaires sur “Le minimalisme qui m’a libérée”

  1. Chére Carla, C’est avec un immense plaisir que je lis ces phrases, tes pensees. Je viens de me rendre compte que de passer mes journées a ranger c’est du perdre mon temps. Je te fairais des photos de notre nouvelle maison apres amenagement. Merci pour ces compte des jours et des objets a faire sortir de la maison. 😉💪

    1. Ho merci beaucoup pour ton retour. Ce billet a touché plus de personnes que ce que j’imaginais et j’en suis ravie. Quand on a expérimenté cette simplicité on ne veut plus s’en séparer. Je regarderai tes photos avec grand plaisir!! bravo!

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